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Plan du site- Liste des lieux de déportation

 

Rapport établi par le général ALLARD lors du visite du camp de Ravensbrück le 12 mai 1945, pour y chercher sa femme déportée par le train de Langeais , Margueritte ALLARD GUILLEREZ.

                                                                                                                                   Rennes  le 17 mai 1945

 

                                                                                 RELATION

     Je me suis rendu au camp de Ravensbrück,  le 12 mai,  afin d’avoir des précisions sur la version d’assassinat  de ma femme – fin février 1945. 

       Je n’ai pu obtenir ces précisions parce qu’il ne restait plus à Ravensbrück que   11 femmes  déportées intransportables, que tous les SS qui avaient la direction et la garde  du camp ont disparu et que toutes les archives ont été brulées par eux. 

     J’étais muni d’une autorisation du Commandement américain pour aller jusqu’à Berlin et d’une recommandation du  général DRAGON  (Mission Soviétique de rapatriement).

 

    J’ai pu faire, dans l’ordre général, les constatations suivantes : 

Situation du camp de RAVENSBRÜCK  le 12 mai. 

Un officier russe, assisté d’un médecin,  est installé au camp des femmes.

Il ne restait plus que  11  françaises intransportables (malades très graves) soignées

Par Madame VAILLANT-COUTURIER, assistée d’une doctoresse russe. 

Toutes les françaises ont été évacuées avant l’arrivée des Russes. Par contre de nombreuses déportées étrangères y étaient. 

Madame VAILLANT-COUTURIER m’a déclaré qu’elle avait tout le nécessaire au point de vue  matériel. Seul, l’isolement paraissait pénible. 

Dans le camp des hommes, la situation est beaucoup plus tragique. Au moment de l’arrivée des Russes et de l’abandon du camp par les Allemands, la panique a régné et les déportés se sont dispersés. 

Deux officiers belges ont pris le commandement du camp et ont regroupé les déportés et les prisonniers. Ils estimaient à 400 le nombre de Français se trouvant soit à l’infirmerie  soit dans les baraquements divers  autour du camp.

 

Une doctoresse  Madame AUSWOLD – orthographe non garantie – ainsi que des médecins prisonniers assurent le service médical. Les médecins, eux-mêmes, sont dans un état physique déficient.

Les officiers belges réclament un secours médical immédiat (en personnel et médicaments). Ils estiment à 75% le nombre des malades très graves (en général tuberculose). 

De très nombreux décès  se sont produits  dans les jours qui ont  suivi la libération et les déportés sont restés dans des conditions lamentables au milieu des cadavres et des ordures. 

 Le manque  de réconfort moral se fait gravement sentir. Le moral est extrêmement bas. 

Une demande instante des officiers belges suppliant la Croix-Rouge d’envoyer secours médicaux  et moyens d’évacuation a été remise par mes soins  le  13 au  Ministère des Prisonniers.

 SITUATION DANS LA ZONE RUSSE

 De nombreux prisonniers et déportés  de toutes nationalités errent dans la zone russe, essayant en vain  de gagner la zone américaine. Tous se sentent abandonnés. Les Russes semblent les délaisser complètement.

 ATTITUDE DES RUSSES 

La troupe russe ignore le pavillon français et n’a aucun égard  particulier  pour nos nationaux. Je n’ai trouvé aucun russe parlant français, d’où incompréhension. La circulation est extrêmement difficile à cause des barrages à tous les points de passage. 

Par contre le commandement russe dès qu’il est rassuré sur la nationalité française, se montre très bienveillant, mais les consignes sont très strictes. On sent que les Russes  ne veulent pas laisser échapper les Allemands.

CONCLUSION  

Des mesures immédiates de secours d’évacuation et d’assistance morale s’imposent dans la zone russe de façon que nos nationaux ne se sentent plus abandonnés.

 

 

   
Sources:
Mémorial des déportés de France